VIUZ EN SALLAZ et AMANCY

DE LA PRÉSENCE À L’ABSENCE — L’EAU, LE VIVANT

L’eau traverse mon travail depuis de nombreuses années. Je l’observe dans ses mouvements, ses transformations, ses interactions avec la roche et le vivant, mais aussi dans les traces laissées par son absence.

De la goutte à l’immensité cosmique, de la neige au lac, de la cascade à la roche, elle change de forme et d’échelle. La goutte en demeure la ponctuation plastique : infime et pourtant porteuse d’un monde, elle relie les œuvres et rappelle que l’immense peut se révéler dans l’infime.

Puis l’eau vient à manquer.

Dans nos montagnes, les épisodes de sécheresse et de forte chaleur ont profondément éprouvé certains arbres. De ceux qui se sont longtemps accrochés aux roches, aux fissures et aux versants escarpés demeurent aujourd’hui des architectures dépouillées, presque sculpturales.

Je ne cherche pas à peindre leur disparition dans la tristesse. Par la couleur, je célèbre leur force, leur singularité, leur capacité d’adaptation et la dignité de leur présence.

Ainsi, d’une œuvre à l’autre, l’eau ne disparaît jamais vraiment : lorsqu’elle n’est plus là, c’est son absence qui devient visible.

De la goutte à l’arbre, de la présence au manque, ces peintures parlent finalement d’une même réalité : la fragilité des équilibres du vivant et ce qui, au cœur de toute transformation, demeure.